Histoires de toiles par Maryse Emel

Histoires de toiles

Maryse EMEL

Je me posais trop de questions ces derniers temps…c’est en les regardant que je compris peu à peu.

Elles ont vécu avec moi, très proches et éloignées……….m’ont fait partager leurs solitudes, des solitudes qui n’étaient pas toujours des abandons. Non. Des solitudes choisies, désirées…

Ce ne sont pas des victimes…..même si leur vie est imprévisible, même si elles ont parfois fait des choix qui n’en étaient pas.

Chacune a sa façon d’appréhender le monde, de le vivre.

A les rencontrer je m’attachais…tâche laborieuse …tâche indélébile

Elles sont en moi, moi en elles………………

Nous sommes sur ce territoire des mots 

des femmes qui ont su s’échouer sur le rivage du désir

A la lisière du texte

Moi je suis celle qui écrit.

Je tisse la toile

Je tisse le texte

Nouvelle Pénélope à la tâche, détachée de l’attente de cet homme parti sur la route de la gloire

Une Pénélope internaute, une Pénélope sans entrave

Temps de l’instant

Temps de l’urgence

Temps du net..ce temps qui est le nôtre

Je suis ce temps

Je l’écris

J’irai à ta rencontre Lecteur du pas lent et léger d’Hermès

Quoique parfois me prend l’envie de courir

Fuir les chemins empruntés Tracer ma route

ne pas rester là

Inventer le cheminement qui mène au Verbe

Je les ai rencontrées, je te rencontre…

Une histoire de rencontre en somme, de désir aussi

Jouons lecteur

Au Jeu de l’amour et du hasard

Jouons la rencontre

Jouons les mots de l’écriture

Les mots montrent et taisent

Je ne te prendrai pas au piège de ma toile

Tu es libre de quitter la partie

Il y avait donc toutes ces femmes

Elles et moi

Moi et elles

Je tisse le texte

La tête dans les étoiles…

La chance de Pénélope

C’était d’être un œil

Le net n’a pas d’œil

Juste une sorte de cam

Un cyclope rencontré un jour

Au détour d’un étal

Seul le cyclope

Pas de cœur

Pur consommateur de vie

Un œil au milieu du front

La lance d’Ulysse

Dressée

Ne voit plus

Œil sans vision

Ne voit

Personne

Héloïse… était si forte … si fragile à la fois…

Elle se souvient

Il était une fois un mélèze….

Un soir de septembre..

Des falaises..

Des falaises du côté du Tréport, pas très loin de ses souvenirs d’enfant, quand elle allait en vacances à Ault avec sa grand-mère. Il y a une photo d’elle les cheveux coupés…sa mère trouvait cela plus hygiénique….Elle cela la rendait triste.

Le banc où elle écrivait ses poèmes s’ennuyant de la ville

La cheminée qui tirait mal

Le tas de bois au fond du jardin

Le jardin

Sa fille y imaginait un vieux cheval retraité

un cheval rêvé

les fleurs

l’herbe tondue

le mélèze…imposant et impressionnant.

L’a perdu

Souvenirs parcellaires er si présents

Des souvenirs qu’elle efface

Et qui renaissent sans cesse

On ne peut pas vivre dans le passé

Mais le passé n’est personne d’autre que soi

Peut-on vivre à l’écart de soi ?

Jane, autre visage. Elle ne fait que des projets. Sa vie est projection et protection contre la morosité. Elle redoute l’ennui.

Elle est déterminée dans ses choix au risque parfois de s’égarer ou de se perdre.

Elle lit, peint, mère et amante à la fois…

De la morale elle n’a que faire.

Elle ne sait pas obéir

Elle ne sait pas se taire

Projetée devant elle

Femme en devenir

Elle ne retient pas le passé

Le laisse filer

Pénélope observait, Pénélope écoutait

perdus sur le net

ces hommes et ces femmes attendent

mais ils ne savent pas quoi…………..

la vie peut-être

de la puissance du clavier au réel si triste de la rencontre

il arrive à l’heure

et soudain…

plus rien à dire

faillite des mots

faillite des sentiments

ils prendront un verre, deux peut-être

y croiront un peu

coucheront

se sépareront tôt

se reverront une autre fois………….. ;peut-être

et oublieront

reprendront le clavier

communiqueront

je pense à Ulysse et son Odyssée

je pense à Pénélope qui tisse la toile de son retour

je pense à tous ces lieux de rencontre où on ne rencontre que son clavier et un écran qui rappelle la distance infranchissable…je me rappelle de toi si loin

je me rappelle de mon refus de continuer

je vous entends tous taper sur le clavier

je vous vois lutter contre l’inhumain abandon

vous abandonner au rire, à la tristesse, à des bras..sur le net vous y arrivez

Oui Lecteur

Ton temps n’est pas le leur

Continue de me lire..

Entrons ensemble dans ce temps qui n’est pas nostalgique, dans ce temps qui refuse la ligne

Dans cet instantané du point

Mon écriture perd la ligne

Elle retourne sans cesse à la ligne

Pour la saisir cette ligne

Mais…

investie et militante

elle est ce qu’elle fait

elle croise d’autres femmes

d’autres histoires

elle en invente même

éternelle insatisfaite

elle est désir

pas une égarée

pas une nostalgique

elle se bat

non pas contre

elle se bat avec les autres

avec elle-même

elle est seule

mais cette solitude est choisie

elle refuse l’épaule masculine

elle refuse d’être réduite à un objet

elle se dit authentique

elle ment souvent

mais mentir c’est souvent nécessaire

la morale nuit souvent à autrui

passion triste disait Spinoza

elle ne se ment pas à elle

elle ment à tous ceux qui ne comprennent pas

qui fuient

qui sont lâches

qui ont peur

d’elle

elle ment parfois à ceux qu’elle aime

elle est imprévisible

toujours en devenir

toujours elle

jamais pour un homme

s’invente tous les jours

rejoue son passé

prof

elle croit à ce qu’elle fait

les aime

ces élèves qui sont elle

elle sourit

elle ne se lamente pas

les femmes perdues

elle ne cesse d’en croiser

les femmes aliénées et déçues, elle les voit

elle

elle est seule

mais solitude n’est pas abandon

elle a mis longtemps à le comprendre

elle vit

ses attentes

elle

sait

ne s’ennnuie pas

Bovary son opposée

Pénélope, son risque et ses dérapages

Héloïse, la nostalgie et ses tentations

Elle joue de ses contradictions……

il est violent

jette son sac avec colère

vise le sol

la voiture stationnée là aurait pu se retrouver victime de son geste brusque

tant de haine pour sa mère

tant d’amour réclamé, jamais donné; jamais reçu

il est furieux

insulte

attend qu’elle réagisse

elle s’énerve, le hait, lui en veut

ne pas être ce qu’elle attendait de ce rêve de femme

maternée par le désir de procréer

à défaut de créer

d’être une artiste

il fut son oeuvre

son échec aussi

elle voit à travers lui

se reconnaît comme celle qui ne voulait pas

mais qui accepta

d’être

ou plutôt de ne plus être

cette femme

cette attente sans nom

elle regrette

a des remords

des désirs sans nom

sans suite

elle fuit

aujourd’hui

cette nuit

sa fille la rappelle

hurle

attend qu’elle se retourne

elle court

ne reviendra pas

sur ce temps

perdu

périmé

pétrifiée…elle attend…

comme si tout n’était qu’un rêve

son fils hurle

elle pleure

sa fille est partie sans se retourner………..

une femme pressée

elle déborde d’énergie

se raconte alors…

débordement

explosion

aurait voulu être

tant de choses

ne sait plus

ne plus être cette femme

être

le rêve d’elle même

actrice belle et libre

elle fume une cigarette

parle

je l’écoute

elle parle fort

se répand

se trouve pas mal conservée

continue de parler

une parole qui la rend presque belle

la révèle

elle qui aujourd’hui pointe à l’ANPE

elle qui n’existe pour personne

pas même pour elle

surtout pas pour…

vit dans la lumière de l’autre

ombre d’elle-même

elle porte un étonnant chapeau

un peu de travers

….

elle a une fille

15 ans

l’a emmenée pour la première fois au restaurant

elle en est si fière

a un peu bu

titube

mais reste fière

sa fille lui sourit…

ces femmes

elles renoncent

parfois

pas toujours

elles sont là

elles pleurent

rient

je les invente

les transforme en texture durable

elles sont moi

autres

je suis elles

elles moi

quelle différence

ces personnages de papier

ces inventions littéraires

qui justifient

le travail

de tous ces décrypteurs

rarement décryptés

et si sûrs de leur mérite…

ces femmes sont dans le désir..

au café, à proximité d’un couple.

Observer

Comprendre pourquoi tout va si mal

Pourquoi il detourne le regard

……………

elle l’embrasse

affirme qui elle est

il est gêné

elle semble heureuse

lui se tait

pas de souci

il part au ski

la pension alimentaire

les frais multiples

que son ex a avancés pour les enfants

il s’en fiche

ce matin

il part au ski

il doit de l’argent à sa fille

il n’aime plus sa femme

il rit tout seul

ce matin

il part au ski

fera un autre enfant

pour se retrouver

père

pour de vrai cette fois

ce matin

il part au ski

il faut que tu penses à..

faut que….

faut

le verbe falloir décliné à tous les ttemps

tous les modes

il ne peut vivre que dans ce cadre

ne peut pas le bousculer

ne sait vivre qu’ainsi

a peur d’être bousculé

sans cadre

alors

il cadre

recadre

nul écart dans la conduite

ne peut pas

a ses auteurs

ceux de sa famille

de son père

savant au pays des savants

ne sait pas

l’ignorance

la redoute

il faut lui faire réviser ses devoirs

lui n’ a pas su la retenir

Marie n’aime pas les retenues sociales

Marie n’aime pas la bague de famille

Marie n’appartient pas à cette famille

Marie n’aime pas l’ordre

l’ordre des méritants

surtout quand le mérite est celui des nantis….

il y a les auteurs dignes de l’intérêt de la bourgeoisie

il y a ceux qui n’intéressent pas

il y a ceux que l’on méprise

il y a enfin ceux qui ne passent pas à l’existence

elle a vécu au milieu de ces gens

silencieusement

elle a aussi cherché à vivre à l’inverse avec les sans culture

elle a essayé

elle a compris

rien ne sert de vouloir comprendre

sauf pour des exercices de style

dans tous les cas personne ne se pose de question

elle est seule

mais si on ne peut partager sa vie, ses motivations, ses engagements,

elle sait que les autres veulent être compris

sans comprendre

alors elle s’y exerce

déchiffre

décrypte

mais restera seule

attachée à des ombres

on dit d’elle parfois qu’elle est égoïste

peut-être

dans son silence parfois elle se replie

Pont l’Evêque

Flaubert y était

Elle y pense

Elle aurait pu s’appeler Bovary

mais a refusé ce destin

l’ennui non

elle prépare Noël

la ville de Province se replie sur la famille

pas de restaurant ouvert le 24 décembre

c’est une fête familiale lui dit un commerçant

interdit d’être sans famille le soir de Noël

coupable celui qui sort du rang

coupable celui qui est seul

une femme se presse

une rose bleue pour mettre dans le vase ce soir

sourire

acheter du chocolat

manger

se presser

et oublier

plaisir du soir

aimer le rire des enfants

aimer

la joie

elle met ses vêtements

les a choisis

heureuse

un noeud dans les cheveux

le chien a un ruban dans le collier

il a ses livres

un peu distant

un peu heureux

un peu triste

le passé est là

ne meurt pas tout de suite le passé

mais il grandira

elle le sait

suffit d’attendre

depuis ce matin elle est dans sa couette

lit Rousseau

s’interroge sur la place des domestiques dans la l ittérature du XIXeme siècle

rêve à…

a toujours aimé cette fête de Noël

on prend des photos

ne pas oublier

ces rares moments de joie

ensemble

les enfants

ses enfants

elle les aime

que dire d’autre?

Les mots sont pauvres

elle les trouve

les perd

les grave

pour ne pas oublier

le mélèze a disparu

il y a aujourd’hui la mer

les falaises

elle croyait les avoir oubliées…

elle les a peintes….on ne s’oublie pas

Jane Eyre

elle en était fascinée

des livres

une certaine solitude

une maison sans contrainte

un fauteuil

le plaisir de lire

elle était son rêve

aujourd’hui elle se souvient

Ulysse cherchait des femmes pour passer le temps

Pénélope tissait la toile

Webcam au poing

Elle rencontrait et cousait, se piquant parfois le doigt,

Elle n’avait pas de dé

Des fragments

De vie

Un corpus

Elle cherchait dans toutes ces rencontres sens dessus dessous

Du sens

Nouvelles liaisons dangereuses

Dont elle était le texte

Et le sexe

La main tremblante

Ulysse affrontait la mer

Elle

Voyageait

Surfait sur l’océan des mots épars

Un jour …………

Elle prit une décision

Elle coupa le fil de sa toile……….

Elle s’inscrit sur la toile …

Son annonce était simple : femme libre et authentique. Assez énigmatique et fascinant pour prendre au piège de la toile le premier passant errant .

Et tout se précipita. Les contacts MSN augmentaient de jour en jour. Elle en comptabilisait plus de huit cents.

Griserie

Enthousiasme

Et puis très vite tout a basculé …

ces faux semblants

Cette tristesse de la rencontre

Ces abandons

Tous ces renoncements

Ces amours brefs et insensés

Il lui donna rendez-vous dans la précipitation

Il voulait faire l’amour pour pas cher

Une Alfa Roméo comme arme de séduction

Elle refusait de voir qu’il était venu pour satisfaire une pulsion brutale

Se vider

Une vidange sauvage

Faire le plein de sensations fortes

Dans un quartier chaud

Se la faire

Baisser son pantalon

Et la baiser

Comme ça

Sans tendresse

Sans parole

Sans embrasser

Nier cette bouche humaine trop humaine

Lui mettre le sexe dans la bouche

La faire taire

Nier l’humain en elle

Polyphème

Ou son frère

Et Ulysse

Pourquoi en faire un héros

Si les cyclopes courent toujours ?

Pénélope avait des prétendants qui l’aimaient bien

Ulysse avait quelques difficultés à rentrer de Troie

Etait là où on ne l’attendait pas

Pénélope

Fille d’Icarios

Icare

Un autre

volait

Elle aussi

Aurait aimé

Sans se brûler

Ulysse fils de Laêrte mais il s’appelle Personne

Sans sol sous les pieds

Parfois perd pied

Pénélope danse

Sur les mots

Ulysse s’attache au mât

Il résiste

Elle désire

Pas risqués de Pénélope

Sur le fil

Elle l’a rencontré cinq minutes sur le chat

Jeune

Très jeune

Il veut du sexe

Tout de suite

A envie

Tout de suite

N’attend pas

Devient agressif

Ne donne pas son prénom

N’existe que ce jour là

Elle croit l’avoir trouvé l’homme de sa vie

Il est tendre

Mais quelque chose la trouble

Il est trop prévenant

Trop attaché

Aime trop sa mère

Son fils

La photo de son ex est encore dans la chambre et l’observe de trop près

Elle n’ est que la remplaçante

Celle qui ne vaudra jamais l’original

Elle préfère tout arrêter

N’est pas triste

Elle aimait le quatre quatre

Un homme perdu sur l’île de Ré. Comme compagnie, poissons et crustacés…se trouve un peu seul. Sur le net. Cherche désespérément de la compagnie, une femme ne serait pas du luxe.. La mer il la voit toute l’année. Il a fini par s’y noyer.

Cherche amie désespérément. Il a froid. Va chercher du bois pour mettre dans la cheminée. J’en profite pour l’abandonner.

Ca a quelque chose de pratique le net on peut faire disparaître ce qui gène sans violence, d’un seul clic de souris plus forte que le chat la souris !

L’île d’Ithaque

Des pêcheurs

Des hommes sans maître

Pénélope

Est seule

Son lit

Un désert sans nom

la toile se défaisait

se recomposait

et tout ce temps

elle

elle naviguait à vue

déboussolée

seule

charybde et scylla dans le lointain…

Je m’appelle Héloïse. Drôle d’héritage…………..ce jour là, le jour de la grande décision, le jour de l’attribution de mon prénom, qu’avaient-ils dans la tête mes parents ? je pense souvent à cette nuit-là, ce jour-là peut-être, où ils me nommèrent……ce que je sais c’est que ce choix engagea ma vie .

En me nommant Héloïse mes parents avaient déjà réduit le champ des possibles.

Héloïse et Abélard, Héloïse et Saint Preux, sans cesse, je les croisais ces doubles

Le mélèze perd son feuillage l’hiver

Héloïse a perdu… elle ne sait trop quoi

.

Une sensation que les mots taisent

D’autres personnes

Des inconnus

Sont là bas

Occupent ses souvenirs

Elle a perdu ces recoins

Ces moments où elle reconnaissait chaque fleur

Chaque mauvaise herbe arrachée

Quand elle tondait la pelouse

Elle marchait et regardait

Suivait un chemin

La ligne de l’herbe coupée

Aujourd’hui elle erre dans la ville

Préfère se perdre loin de ses souvenirs

Elle s’est perdue à Prague

Minuit

Elle ne reconnaissait plus rien

Tout se confondait

Paniquée

Elle a téléphoné

Ne voyait plus rien, ne comprenait plus rien

C’est cela l’abandon

Elle l’a tellement vécu…

Le mélèze

Elle s’en souvient…

Pénélope la psychanalyste du net. Ca aurait pu être le titre d’un livre . Toutes ces errances, ces échecs…Sa femme est partie avec leur enfant, cette réalisation commune d’un amour ancien…il se retrouve comme un con, c’est ce qu’il dit. Il met sa cam, ne croit pas lui-même à sa probable séduction. C’est vrai qu’il n’est pas séduisant. Les yeux cernés, le teint blafard façon cam, il veut retrouver sa femme.Ca dure une heure, deux heures, trois heures… ça n’en finit pas. Je me tais,…je suis un peu épuisée. Un tel besoin de parole ; du silence qui explose et qu’on n’arrête plus, j’ai envie de dormir. 

Il sort de prison..demande soudain conseil aux pseudos connectés. Il ne lui reste que peu de jours pour trouver du travail.

Nuits blanches et la peur du noir

Ils parlent

Se disputent

S’aiment

Enfermés dans cet espace utérin nommé cam

Paroles vides

Mais paroles lourdes

Elles font vivre, exister..

Puis ils se couchent…la peur éteinte.

159 morts à Madrid

Cela faisait plusieurs semaines qu’Héloïse s’était déconnectée du réel. ……….

Depuis qu’elle avait opté pour la solitude, après le départ de son mari , le monde lui semblait ouvert et terrible en même temps……..terrible parce qu’elle ne l’avait jamais vraiment habité……….et maintenant, ces espaces infinis…..crainte émerveillée…

159 morts à Madrid

C’est à Budapest qu’’elle partit…………avait ainsi évité Madrid

159 morts

A Florence elle avait eu un sentiment d’étouffement. C’était probablement la faute de ce dôme. Les touristes s’y bousculaient

Les mathématiques, Brunelleschi, les traités de perspective

Florence pouvait se réduire à une équation

Difficile de trouver les mots pour en parler

Elle se jura de ne pas retourner une quatrième fois dans cette ville ……….elle y avait ingurgité trop de culture et même si socialement cela faisait bien, elle ne trouvait pas agréable ce genre de régime.

Indigestion culturelle

La radio constatait les morts en ce début de mois d’août

Elle donnait les chiffres, dépourvue de tout sentiment

Héloïse avait froid

Depuis des semaines, des mois, elle avait mis son énergie à investir les sites de rencontre et n’en éprouvait que lassitude et une sorte de dégoût pour elle-même et l’espèce humaine.

160 morts si……

Elle coupe le fil

Prend une autre toile

Un nouveau canevas

Jane peint des corps. Des hommes qui marchent..des femmes…elle marche dans la couleur, comme le titre fascinant de ce livre sur l’art qui a retenu son attention.

Elle se noie dans la toile …un peu comme Pénélope

Mais ce n’est pas Pénélope

C’est la toile de tous les possibles

Pas celle des frustrations

C’est la toile qu’elle fait

Pas celle qu’elle subit

Jane aime peindre car à ce moment où sa main s’empare de la craie, de la peinture,

plus rien n’a d’importance

Elle vit

Les corps la regardent

Ils n’ont pas de tête

Pénélope

Au pas léger

Reste devant l’écran

Sérieuse addiction

Multiples contacts et inscriptions

Pas alourdi

Veille tard

Tisse et défait

Les prétendants elle les invente

Les supprime

Les contrôle

Les laisse venir

Les oublie

Oublie Ulysse

Oublie son fils

Pénélope

Amoureuse

Des mots

Elle les frôle

Fragmente

On ne voit que sa tête à travers la lucarne. Il tient un discours cohérent, structuré très rationnel. Il dessine et aime la peinture. Sa compagnie est agréable mais quelque chose gène, dérange….soudain un geste le trahit. Il a reculé et un paraplégique dans une chaise roulante est face à son regard. Il avait inventé autour de lui un monde plein de personnages imaginaires, un monde héroïque plein de fantaisie, un monde où soufflait une liberté de mouvement et d’action. Ce monde le soulageait du sien.

Elle l’a perdu de vue.

Pendant ce temps Ulysse résistait aux sirènes

Attaché au mât

Il teste

Qui il est

Toujours dans l’action

Ne cédera pas aux charmes

C’est ce qu’il croit

Circé a bien compris

Elle l’a accueilli…….

Pénélope

Elle rencontre

écrit la toile

Tisse

Prend les mots

S’égare

Garde

Ce qu’elle fuit

Souvenir

Inquiétant du soir

Les prétendants sont menaçants

Beaucoup de voyages.

Internet, msn.

Du vide aussi

plaisir d’écrire

Beaucoup de solitude

Restent des

Fragments décousus

Pénélope les rassemble au matin

Elle ira jusqu’au bout

Comprendre

Ce nouvel ordre des sentiments

Cette confusion des sentiments

Ces nouvelles liaisons dangereuses

Elle se promène au milieu de ces désirs

s’y perd parfois

aussi

Il y eut la période maternelle

Les enfants qu’elle désira

Elle s appliqua comme les autres parents en mettant tout en œuvre pour bien faire

Héloïse n’aimait pas les géniteurs de ses enfants. Raison de plus pour que ce soit une histoire réussie entre elle et ses enfants.

Accessoires les géniteurs

Elle fit ses enfants sans se préoccuper de ces hommes

Puis les enfants grandirent

Elle regretta

Trop de décalage entre eux et ses projets

Je te dis qu’elle ne sait pas ce qu’elle veut

Je te dis

Il aurait pu se taire

Ces mots la rappelaient à l’ordre viril

Elle n’écoutait pas

Les enfants grandissent et ne parlent que trop

Elle se demande pourquoi elle a joué à la mère 

Elle s’ennuie

Ne sait plus qui aimer

Je crois que ta fille a des problèmes

Elle bouche ses oreilles

Pensait appeler sa fille Julie

Les enfants, c’est l’accomplissement de la femme

Sa raison de vivre

Pour dire cela autrement Héloïse avait cru à la maternité……

Elle s’était un peu trompée ; vaste illusion que la sienne ; ces années de renoncement, ces maris qu’elle avait subis sans jamais les avoir vraiment désirés….

Ce ventre qui devenait énorme

Et s’il restait ainsi ?

Sa réflexion qui s’amenuisait de jour en jour

Se transformait en ventre

La lourdeur du corps

Les femmes sont faites pour la procréation

Naître pour renoncer à tout

Ainsi parlait le grand père

Il n’avait renoncé à rien lui

Etait parti quelques années

Personne ne savait où

Un jour il était revenu

On ne lui avait rien demandé

La vie avait recommencé

La grand-mère se taisait

Elle les voyait toutes ces femmes

Héloïse et Saint Preux

Apprendre à se taire

Tuer ses désirs

Héloïse en avait trop de désirs…

Malheur à qui n’a plus rien à désirer

C’est ce qu’écrivait Julie

Elle eut des enfants

Confusion du désir

Héloïse était seule

Un corps fait pour la maternité

C’est ce que disait le grand père

Elle pensait à sa grand-mère

Je fais une pause lecteur

Pas toujours évident de suivre le fil de cette longue histoire

La toile se tisse peu à peu

Mais si tu perds le fil, il y aura des trous..et ce n’est jamais bon.

Toi aussi lecteur tu es dans la toile

Les hommes mariés sont nombreux. De l’aventure à moindre coût

.

Pour une soirée au restaurant on peut faire l’amour aussi longtemps que l’on veut à la femme de son choix.

l’épouse officielle pour la maintenance

Et on s’offre une rencontre sur internet.

Il y a des hommes, il y a des femmes

Les sites

Ils s’y font mal aux doigts

S’usent à ce jeu virtuel

Elle les a nommés ces hommes …

Egarés

Egarés du désir

Sans égard pour eux-mêmes

Des paroles qu’elle file

Et entrelace

Cancer du poumon

Il en crève

Visage du langage

Fidèle à sa toile

Il veut du sexe

Satisfaire sa perversité

Veut du sexe

Pas du texte

Elle tisse ses errances

Ces paroles éparpillées

Il bande dans son lit d’hôpital

Est seul

.

Elle a oublié Ulysse

Personne

il l’a dit

Cet homme

Fidèle à Ithaque

N’y reviendra jamais

Circé lui tissait son retour

Il baille

Se recouche

Elle le rejoint

Un fleuriste

Un poissonnier

Elle additionne les rencontres insolites

Et sait très bien que tout cela n’a pas de sens

Un nombre incalculable de mois qu’il n’a pas eu de contact charnel

Il vient

2 heures du matin

S’engage à une simple discussion

Ne veut pas l’effrayer

Sur la cam il est séduisant

Elle ne voit que sa tête

A oublié qu’un homme est aussi un corps

Aurait dû se méfier

Il arrive………il est gras

Moins séduisant

Un peu repoussant

Se présente

Défend sa fibre paternelle

Aime sa fille

Assassine son ex compagne au passage

Incapable dit-il de comprendre le sens de l’éducation

Rien d’autre que sa propre conception à lui d’ailleurs

S’écoute parler

Elle fatigue

Sa main glisse

Elle a envie

Laisse faire

Puis se demande ce qu’elle attend d’un tel déficit de l’’imagination

Jouit vite

S’en débarrasser le plus vite possible

Elle s’endort

Il est parti

Elle dort encore

Il n’a pas de tête

Son être se réduit à son torse et à ses cuisses

Ni beau ni laid on n’en saura jamais rien

J’en ai croisé un …

je lui ai demandé pourquoi

Il avait le sida

silence de

Pénélope

Elle danse devant sa cam

Seule

Son mari n’est pas là

Elle s’ennuie au jeu de la séduction

Là elle a un public

On la trouve jolie

On le lui dit

Elle existe

Ce soir elle retrouvera sa solitude

Il appelle

Est agressif

Tout seul ce soir

Il a bu comme souvent

S’endort

Sur le canapé

Ne sait plus qui il est

La suppression du contact……….

Il disait m’aimer

Je l’ai supprimé

Jour de ménage………..effacer ces contacts, ces rencontres qui n’en sont pas

N’en seront jamais

Ephémères échantillons

De la solitude

Du repli sur soi

De la peur de soi

Et des autres

Paradoxe de la rencontre

Ancien pilote

Aime le champagne

Le garde dans sa bouche

Veut le mettre dans son sexe

Elle le retire du texte

Prendre la voiture

Rendez-vous dont on connaît l’issue

Se perdre chaque jour un peu plus

Le veuf

Je suis le veuf

Le ténébreux

L’inconsolable…………

Cela traîne en ma mémoire

En l’écoutant

Sa femme est morte

Il lui appartient

Ne peut en abandonner le souvenir et la chair

Elle était avec lui à l’arrière de la moto

Le jour de l’accident

Il crie

Se jeter par la fenêtre

Oublier

Enfin cesser de ………

Parmi les vivants

Il ne peut plus

L’homme des mots

faux

Métaphores trop usées

Il me fatigue

Sexe par procuration

Me dit qu’il va m’exciter

Je baille

J’attends qu’il raccroche

Passer à autre chose

Il se veut près dans son éloignement

Je le trouve envahissant

Par sa fausse spontanéité

Je mets le téléphone sous l’oreiller

Et l’oublie………………

L’homme à la Porsche

Un universitaire

Un bac plus 9

Deux agrégations

Un ancien journaliste

Dissèque

Observe

Epluche

Sèchement

N’a pas de cœur

Avide

De la vie des autres

Amour hermaphrodite

Version tragique de la peur du sida

D’un individualisme dépourvu de toute singularité

Jambes écartées

Sexe offert

A l’œil de la cam

Pas d’odeur

La main s’active

Ouvrière

solitaire

tactile

ne touche rien

n’habite nulle part

Acteur porno

Il rêvait d’être artiste

Croyait qu’il percerait ainsi

Les écoles ne servaient à rien

Selon lui

Toujours selon lui

Sa puissance créatrice

Un jour serait reconnue

Rêve immature

D’un enfant fatigué

Blasé

Lassé

Délaissé

Livré surtout au tout est possible

Sans se protéger

Il ne faisait aucune phrase

Bonjour

Comment va

Suis là

Des sons

Lapidaires

Il ne savait plus où était le réel

Son monde était pauvre

Pauvre

Triste

Sans image

Sans verbe

Sans rien

Bonsoir

Bonjour

J’ai envie de toi

…………..

Pandore la séductrice

Bovary fleur bleue

Pénélope et le net

A un cancer

Veut jouir

Avant de. …

cherche un bon coup

lui dit

Tous les soirs il est là

Mais à heure fixe

Tard

Il attend

Il insiste

Elle répond

Quelques instants

Abandonne

Désir

Peut-on dire cela de lui

Quand il la voit ?

Non

Il n’a pas baisé depuis des mois

Lui dit deux mots

Et

Trop tard

Il éjacule

Ravi

Gêné aussi

Elle l’a oublié………….

Et si Pénélope se faisait une toile

entracte

oui Lecteur le rythme est rapide

les rencontres se succèdent, s’enchaînent

le temps du net est instant, point

mon écriture accélère

elle devient point de suspension…

Il aime les clubs

Passer de l’autre côté du miroir

Alice

Sans lapin

Même pas drôle

Pas attachant

Le plaisir désabusé

A perdu

Son

Sourire

De quoi faire pleurer Sade……………..

Il y a les hommes de la morale

Ceux qui croient aux vertus du couple

L’amour ils y croient

Sont touchants

Elle n’a jamais su aimer

Les ignore

Tous les jours elle attend

Quelqu’un

Elle ne sait pas

Elle attend

Elle s’est arrêtée

Attend la surprise

L’événement

La fin de cette attente peu attentive

Elle n’attendait

Ni son fils

Ni son chien

Elle attendait

La rencontre

Pas une rencontre particulière

Pas une journée particulière

Elle glissait sur les sites

Sans se noyer

Elle n’avait aucun contentieux avec Poséidon

Égarée au milieu des siens

Égarée du désir

Déjà du temps d’Ulysse

Chômeur

Ne part pas en vacances

Rmiste

Est sur le chat

Des vacances pas chères

Déprime

Leçon du libéralisme

Il appelle tous les jours

Joue sur le mystère de la voix

Tactique du prédateur que protège la curiosité de l’autre

Charmeur du net

Ne passera pas au réel

Attendre une image, une voix

Sans jamais l’atteindre

Aimer l’absence

Un nom

Devenir silence absent

Pas de voix depuis deux jours

Elle fait l’amour

Se sent vivre

Erotisme de la rencontre

Nouvel ordre amoureux

Nouveau marché

Amour à bon marché

Pénélope tissait et se murait dans son silence.

Elle chate sur le net.

Ulysse et les Lotophages

Et s’il oubliait, s’il ne revenait pas, s’il abandonnait l’histoire

(pour écouter la sienne à perte de vue.)

Pénélope, il pourrait l’oublier

Télémaque, un fils qui se défile

Argos un chien fidèle à une épopée à laquelle il ne comprend rien.

Athéna aurait réglé seule ses comptes avec Poséidon

Hélène

Achille et Patrocle

Agamemnon

Paris

En aurait-on parlé ?

Pénélope aurait-elle seulement tissé sa toile

Ces nouveaux fragments amoureux qu’elle ne laissera pas à décrypter aux papyrologues

de l’école d’Athènes?

Son cancer le ronge

Il lui demande à nouveau du sexe

Elle lui offre du texte.

Chemin caillouteux et sableux

Elle le prend tous les jours

Au rythme des Beatles

Chemin sinueux et troué

Perdu au milieu de la montagne

Elle l’emprunte

Ulysse n’aime pas les chats

Préfère les chiens.

Au début était le verbe.

Pénélope, qu’en dis-tu ?

Pourquoi te tais-tu ?

Au début était le verbe..

Non

Au début c’est le désir….

Tu l’as compris Penelope

Toi qui cours après ce manque

Après ces riens

Toi qui cours..

Un nouveau rendez-vous

Au port

Le mouillage d’Ithaque

Il l’attend

Heureux

Repas au restaurant

Jazz sur les quais

Elle se retrouve dans une chambre

Infestée de cafards

Tout est resté en état

Les tasses dans l’évier

Les vêtements dans le placard

Coupure d’eau dans les toilettes

Elle ferme les yeux

Ne dort pas cette nuit-là

Il croit

Qu’elle a joui

Flip…Avec un pseudo pareil il y a de quoi s’inquiéter

Il la trouve très belle

Est jeune

Quelques années de moins

Se dit scotché à l’image

Ne peut s’en détacher

Pressé de la rencontrer

Echange de téléphone

L’invite au restaurant

Elle attend encore…

Il la rappelle

Six mois silencieux

Le temps de guérir

C’est ce qu’il dit

A retrouvé le désir

Se dit libertin heureux

Veut coucher avec elle

Satisfait de le lui dire en face

Courageux ce jour-là

Elle lui sourit

Son désir n’est que retrouvailles avec la vie

Il voulait mourir, ne bandait plus

Se nourrissait de films pornos

Maintenant il bande trop.

Et Ulysse ?

Toujours pas rentré

Il surfe sur l’océan

Il s’est perdu

Mais n’est pas un égaré

Ulysse

Tu fuis sans cesse ce retour

Dont tu ne rêves pas

Désires-tu encore Pénélope ?

Pénélope au temps suspendu

Ulysse a disparu

On a beaucoup parlé de lui

Moins de Pénélope

Elle qui efface ses désirs

Tous les soirs

Elle a perdu son chat

L’avait confié à une rencontre

Il croit l’avoir retrouvé

S’est tout simplement trompé de chat

D’histoire aussi, d’ailleurs

Lui qui ne veut pas de sexe

Pas de texte

Mais s’ennuie

Il propose une ballade à Prague…

Elle en revient

Phase terminale du cancer du poumon

Veut du sexe

Elle lui propose de tisser la toile

Il s’énerve.

Pénélope s’ennuie

Sa toile n’avance pas

Ce jour-là il pleuvait

Gris du ciel

Boue

Elle baille

Voit passer un aurige

Bel homme

Le regard fixé sur la route.

Il sait où il va.

Elle monte à bord

Et part.

Direction Budapest.

Le voyage dure plusieurs jours.

Lui fixe la route du regard.

Les paysages défilent

Paysage des Carpates

Ciel bas, gris du ciel

Ici il n’y a pas la mer

On ne peut pas surfer

Juste se laisser conduire.

Routes escarpées, montagnes arrondies,

Epaisses et peu accueillantes.

Pénélope a froid

Pénélope fatigue

Que tisser sans la toile ?

Silence de Pénélope

A perdu le fil

Arrivée à Budapest

Buda à l’ouest

Pest à l’est

Pénélope fait une pause

Regarde le soleil revenu

La terre bleue

Les montagnes des Carpates sont loin.

Le rire des clients de l’hôtel

Elle se sent bien, n’attend rien,

Laisse venir.

A pris son appareil-photo

Un livre

Paix à Ithaque

S’installe à une table au bord du Danube

Ses prétendants elle les a tous abandonnés

Prend son stylo

Ecrit

Elle écrit

Mais quoi ?

Pourquoi ?

Elle regarde l’aurige au regard fixe.

Au matin elle s’est levée tôt

Déjeune, se lave,

Réfléchit à la journée qui l’attend

Prend son guide et le referme.

Préfère se perdre

Aller à la rencontre

Dans ce pays un peu sauvage

Fermé sur lui

Elle sourit…

A qui ?

Elle marche

Elle a oublié le passé

Elle a oublié qui elle était

Elle se met à marcher

Elle marche

18-41-56

Au moins elle reconnaît les chiffres dans un pays où la langue lui échappe

Rencontrer à Budapest

Mission presque impossible

Ici on n’est pas habitué

On se sent étranger qui dérange

Et pourtant quelque chose l’attire à Budapest

Pas ses monuments envahis par les touristes

Pas ses habitants

Quelque chose

Quelque…

Rencontrer

Sortir de soi

Ne pas se fourrer dans les bras de quelqu’un

Laisser Ulysse dans ceux de Circé.

Au détour d’une avenue

Tirésias

Il l’attend

Elle le rejoint

Que lui dit-il ?

Elle doit repartir

Ne pas rester à Budapest

Ne pas rentrer à Ithaque.

Son discours est trouble

Elle ne comprend pas

Mais rappelle l’aurige

Au regard fixe

Monte à bord

Ne sait pas où elle va

Mais elle part

S’installe à bord

…………………………………………………………

Ulysse contemple le corps de Circé

Il ne reviendra pas à Ithaque

Quitte l’histoire.

Il est mort ce matin

Le cancer a eu raison de lui

Il n’aura plus le choix entre le sexe et le texte 

Pénélope opte pour l’autoroute

Ne retourne pas dans les Carpates

Prend la route de Florence

Renaître.

Devenir

Elle regarde le ciel

Une étoile danse

L’aurige se tient droit

Il regarde la route.

Fin

Maryse Emel

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