Marx : ONTOLOGIE DE LA RELATION ET MATERIALISME DE LA CONTINGENCE

ONTOLOGIE DE LA RELATION ET MATERIALISME DE LA CONTINGENCE

Vittorio MORFINO
Università degli Studi di Milano-Bicocca

Texte traduit de l’italien par Nathalie Gailius

Actuel Marx en Ligne   n°18
(18/ 3/2003)

 

Il testo si propone di misurare le implicazioni filosofiche di quella che Balibar ha chiamato, a proposito della filosofia di Marx, ontologia della relazione. L’analisi storica della trattazione della categoria di relazione e del suo rapporto con la categoria di sostanza è la premessa necessaria al tentativo di pensare la filosofia spinoziana come una radicale ontologia della relazione, ontologia che tuttavia non può essere pensata come una filosofia prima, ma deve sempre essere pensata come seconda rispetto ad un materialismo dell’incontro(nel senso dell’ultimo Althusser).

Le texte se propose de mesurer les implications philosophiques de ce que Balibar a appelé, à propos de la philosophie de Marx,  une ontologie de la relation. L’analyse historique du traitement de la catégorie de relation et de son rapport avec la catégorie de substance est la prémisse nécessaire à toute tentative de penser la philosophie spinoziste comme une ontologie radicale de la relation, ontologie qui toutefois ne peut être pensée comme une  philosophie première mais doit toujours être pensée comme seconde par rapport à un matérialisme de la rencontre (au sens du dernier Althusser)

 

  1. L’expression ‘ontologie de la relation’
  2. La catégorie de relation: détermination intrinsèque ou extrinsèque
  3. La catégorie de substance comme relation
  4. Réalité des relations et primat des relations: une position idéaliste?
  5. Spinoza: une ontologie de la relation?
  6. Contingence de la relation

 

La question d’une ontologie de la relation a été soulevée par Etienne Balibar dans un texte de 1993 consacré à Marx, et plus précisément dans le commentaire de la sixième thèse sur Feuerbach[1] selon laquelle « Feuerbach résout l’essence religieuse en l’essence humaine. (…) Mais l’essence humaine n’est pas une abstraction inhérente à l’individu singulier. Dans sa réalité effective, elle est l’ensemble des rapports sociaux »[2]. L’essence humaine est «das ensemble der gesellschaftlicher Verhältnisse». Selon Balibar, Marx rejette tant la position nominaliste que la position réaliste, aussi bien « celle qui veut que le genre, ou l’essence, précède l’existence des individus [que] celle qui veut que les individus soient la réalité première à partir de laquelle on ‘abstrait’ les universaux »[3]. Le seul contenu effectif de l’essence humaine résiderait dans les multiples rapports que les individus entretiennent entre eux. Marx prendrait ainsi ses distances vis-à-vis du point de vue individualiste comme du point de vue organiciste, ce que traduit l’utilisation du mot français ‘ensemble’ au détriment du mot allemand ‘das Ganze’. Pour clarifier davantage encore le propos, Balibar propose d’emprunter à Simondon le terme de ‘transindividuel’ permettant, selon lui, de penser le concept d’humanité en termes marxiens. L’humanité serait ce qui existe entre les individus.

La pensée de Marx contiendrait donc l’ébauche d’une ontologie de la relation : la société y serait constituée/traversée par une multiplicité de relations, c’est-à-dire de « transitions, de transferts, ou de passages dans lesquels se fait et se défait le lien des individus à la communauté et qui, en retour, les constitue eux-mêmes »[4]. Balibar conclut : « (…) les relations dont nous parlons ne sont rien d’autre que des pratiques différenciées, des actions singulières des individus les uns sur les autres »[5].

 

 

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